Les femmes d’art, oubliées de la littérature ?
Dans la littérature relative à l’histoire de l’art et du design, on remarque que les femmes ont longtemps été marginalisées. On les plaçait au rang de muse ou d’assistante, plutôt qu’à celui d’artiste ou de designer. Cet effacement, que l’on peut corréler à l’effet Matilda, a contribué à une vision patriarcale du milieu artistique, où les œuvres féminines étaient systématiquement minimisées voire oubliées.
Le livre Le Bauhaus de Frank Whitford illustre ici ce déséquilibre. On observe une invisibilisation des femmes. En effet, des figures majeures du Bauhaus sont citées telles que Walter Gropius, Paul Klee ou encore Vassily Kandinsky. Or, pour ce qui est des femmes, on ne retrouve que très peu de mention, bien que certaines eurent un rôle majeur dans le mouvement Bauhaus tel que Anni Albers, Marianne Brandt ou encore Lucia Moholy.
La presque omission des femmes comme Lucia Moholy dans les ouvrages tels que celui de Whitford révèle comment la mémoire artistique se construit : par le biais des hommes, qui déterminent qui entre ou non dans l’histoire.