LE BAUHAUS

Frank Whitford

Composition graphique Bauhaus rouge, noire et beige

Couverture du livre « Le Bauhaus », Frank Whitford

Un ouvrage littéraire pour comprendre la place des femmes durant le Bauhaus

Publié en 1984, l’ouvrage « Le Bauhaus » de Frank Witeford est devenu une référence majeure pour comprendre les enjeux et les réflexions autour de ce mouvement. L’auteur développe avec clarté et justesse les tenants et aboutissants qui ont fait de l’école du Bauhaus une référence majeure en design jusqu’à sa chute en 1933.

Cependant, malgré la richesse des écrits présents dans cet ouvrage, on ne peut qu’affirmer que les femmes n’y ont pas la place qu’elles méritent, bien que celles-ci étaient admissibles à l’école et y ont joué un rôle plus que notable.

Composition abstraite de Wassily Kandinsky, formes géométriques et couleurs primaires

Composition abstraite par Wassily Kandinsky

En effet, bien que des designers tel que Paul Klee, Vassily Kandinsky ou encore Walter Gropius soient mentionnés à de multiples reprises, on ne peut que remarquer l'absence des femmes, bien que certaines d'entre elles aient jouées un rôle majeur quant à la popularisation et la diversification des production Bauhaus
On pourrais notamment citer Anni Albers, Marianne Brandt, Gunta Stölzl ou Lucia Moholy qui ne sont que très peu représentées dans ces ouvrages.

Ainsi, ce silence en dit long concernant la place des femmes au sein des milieux artistiques et design, encore et toujours délaissées au profit des hommes. Cette invisibilisation reflète l’effet Matilda, où les contributions féminines sont éclipsées par celles des hommes.

Couverture Bauhaus

Couverture de la revue Bauhaus

Extrait

“Les premières étudiantes qui rentrent travailler au Bauhaus de Weimar ne formaient pas un groupe homogène. On rencontrait des hommes déjà marqués et endurcis par le service militaire et les traumatismes ou blessés ; des garçons qui avaient commencé à peindre et à sculpter à l’école des arts et métiers, et qui étaient simplement refusés aux professeurs lorsque les deux institutions avaient fusionné ; des disciples d’Itte qui arrivèrent de Vienne avec lui ; des artistes déjà confirmés et professeurs intéressés par la perspective d’un type d’enseignement totalement nouveau. L’école comptait beaucoup de femmes, dont la plupart voulaient apprendre à tisser, et quelques-unes, nécessaires à limiter leur nombre en évitant le niveau de compétences exigé pour l’admission.”

Cet extrait montre ici la négligence des femmes par rapport aux hommes. Tandis que les artistes masculins peuvent être en nombre illimité et participer à tous les ateliers, leurs collègues féminins sont presque exclusivement répartis sur des filières demandant moins de force et le tissage est admis en nombre restreint.

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